Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Il y a des jours, comme ça, où mon passé prend toute la place…

 

Souvent, le matin, je repense à l'autre. Je lui en veux, je me sens mal. Je me demande encore si je suis responsable, si, comme il le disait, j'interprète tout mal. Puis je me souviens de ces moments où, malgré mes refus, malgré mon dégoût, j'étais forcée d'accepter qu'il me crache sur le visage lors des coïts parce que "c'est sexy". Je repense à ces moments où, malgré mes refus, malgré mon dégoût, il me forçait par des "Allez… Allez, mais c'est à 99,99% de l'eau !" à lui lécher le sexe après avoir uriné… Je repense aux viols. A tous ces viols. Et un rien me ramène à tout ça.

 

Tous les matins, la même chose Tous les matins depuis 1 an maintenant. Et à chaque fois que mon esprit n'est pas occupé à jouer, lire, ou que je ne me force pas à penser à quelque chose. Et ça me rend malade. Pourquoi dois-je encore penser à lui quand lui ne pense certainement plus à moi (et heureusement) ?

 

J'ai appris il y a peu que dès le lendemain de notre rupture, il couchait avec la cousine d'une amie commune. Ce qui ne l'a pas empêché de venir chougner chez moi 1 mois plus tard. Cette information me laisse penser que toutes les craintes que j'avais quant à sa fidélité (oui, je sais, ce mot est moche, mais pardonnez-moi je vous expliquerai un peu mieux d'où je viens plus tard) étaient sans aucun doute fondées. Il devait avoir plusieurs aventures en même temps, d'où le fait qu'il me convoquait à venir le voir plus qu'il ne m'invitait. Je pense que ses autres aventures étaient soit de passage, soit aussi bien dressées que moi. Et je repense à ses "Tu me fais pas confiance" "Si je t'appelle en pleine nuit et que je te dis d'aller te faire cuire des pâtes, tu dois le faire, tu dois me faire confiance et ne pas te poser de questions" et tous ses discours me réclamant une confiance absolue et aveugle à son égard…

La suite de l'histoire avec la cousine de notre amie, c'est qu'il l'a agressée. Il l'a croisée une fois, a gardé des informations sans doute obtenues lors de leur unique rencontre, puis plusieurs mois plus tard, alors même que cette cousine a un travail qui lui demande de se déplacer sur plusieurs lieux, rarement les mêmes et de manière non régulière, il a réussi à la retrouver. Il l'a attendue devant son lieu de travail de la semaine et, malgré les plans de Cousine d'aller boire un coup avec ses collègues, l'a convaincue de le suivre chez lui. Elle a finalement accepté. Arrivés dans la cage d'escalier, il semble qu'il l'ait plaquée au mur violemment en lui disant "Tu sais pourquoi t'es là". S'il a fait ça, je suppose qu'il avait commencé à la tripoter et qu'elle l'a repoussé. Toujours est-il qu'elle s'est défendue, qu'elle a résisté et qu'elle était à deux doigts de lui mettre un pain dans sa tronche. Elle a finalement pu s'en tirer. Préalablement à cela, elle avait confié à mon amie "ce type est trop bizarre pour moi", je me demande bien ce qu'elle peut en penser depuis.

Comme je reconnais ses méthodes ! Moi aussi, il m'a maintes fois persuadée de plein de choses. Il obtient ce qu'il veut des gens. Charmeur, chougneur, des yeux de p'tit chien perdu, mais en même temps l'air très sûr de lui, il dégage quelque chose d'inexplicable qui fait plier. Lorsque mon amie m'a raconté ça, lorsqu'elle m'a raconté le plaquage au mur, j'ai revécu des moments horribles d'un seul coup. Je me suis vue à nouveau plaquée sur le lit, une main sur la bouche et une autre me bloquant les mains, lui pesant de tout son poids sur moi pour m'empêcher de bouger. C'est arrivé tellement de fois… Et ceci parce que, lors d'une conversation, je n'étais pas d'accord avec lui, ou j'étais "en fight" (traduire par "pas d'accord avec lui et le faire savoir"), ou je parlais trop fort (alors que j'avais justement pris l'habitude de ne plus élever la voix, d'être en contraste avec lui, qui parlait bien plus fort, pour qu'il ne puisse plus me le reprocher). Je finissais sur le lit, ou au sol, ou n'importe où, une main sur la bouche pour me faire taire et le corps entravé. Dans ces moments-là, j'avais peur de mourir. Je me retrouvais avec l'autre au-dessus de moi qui m'empêchait non seulement de parler, de crier au secours, ou de me débattre, mais qui m'empêchait également de respirer. J'essayais de bouger dans tous les sens, le faire tomber, lui mordre la paume des mains (et parfois, lorsque j'y arrivais, il me frappait et/ou resserrait son étreinte), le taper pour qu'il sorte de moi… Bref, j'étais paniquée, je ne savais plus quoi faire, je ne savais plus ce que je faisais, j'étais juste les yeux exorbités à pleurer et à essayer de m'en sortir. Aujourd'hui, je me dis que la meilleure solution à l'époque aurait sans doute été de ne juste plus bouger et le laisser me faire la leçon. Mais au lieu de ça, je m'agitais, je me faisais frapper, bloquer, et j'en arrivais à avoir des crises d'asthme. A tel point qu'à force de voir que je ne pouvais plus respirer, ou que je le supplie comme je pouvais de me laisser respirer, il était forcé de s'inquiéter et de me lâcher. Je lui demandais mon inhalateur pour stopper mon asthme. Parfois, il allait me le chercher, parfois non, préférant me donner un cours de respiration. Par chance, mon asthme peut stopper si je réussis à dompter ma respiration et à me calmer ; mais ça, il ne le savait pas avant d'avoir essayé, et il aurait pu tout aussi bien me tuer en me refusant mon médicament. Après tout ça, il me faisait passer pour folle. Il me reprochait de devenir "hystérique", d'avoir des coups de folie. Mais à aucun moment il ne s'est dit que, peut-être, s'il ne m'avait pas agressée, ça ne serait jamais arrivé. Et pour cause, depuis que je suis avec mon compagnon, je n'ai eu de crise d'angoisse avec asthme qu'une seule fois, quelques mois seulement après ma rupture d'avec l'autre et alors que les réflexes de peur n'étaient pas encore diminués, à cause d'un problème de prêt familial. Plus jamais depuis. Preuve, pour moi, que mon problème principal, c'était lui.

 

Avant d'apprendre l'agression de Cousine, je me posais déjà des questions au sujet de l'idée de porter plainte. Je me la pose d'autant plus depuis. Je n'ai pas envie qu'il continue d'agresser des gens. Je n'ai plus envie de me lever chaque matin en pensant à lui et en me disant que jamais il ne sera puni pour ce qu'il m'a fait. Mais malgré tout, la démarche est compliquée à aborder. Je dois voir une professionnelle de ce type de problématique prochainement afin de déterminer quels seraient les avantages et les préjudices pour moi d'interpeller la justice. Evaluer ma force, en quelque sorte.

 

Je me lève le matin, je me regarde dans le miroir, et je me dis que tout cela est allé extrêmement loin, qu'il s'est permis beaucoup trop de choses. Au final, même mes mimiques lui posaient problème, et j'allais jusqu'à essayer de les "améliorer". Il ne supportait pas que mes sourcils se lèvent. Pour lui, c'était le signe que j'étais "en fight", donc c'était mal. Pour mon compagnon actuel, cette mimique est juste le signe que je réfléchis, que je parle, bref, que je vis. Personnellement, c'est une mimique à laquelle je fais assez peu attention au quotidien, sauf lorsque la pression de l'autre revient d'un coup. C'est juste une mimique, quoi. Elle fait partie de moi, de ce que je suis, de ce que je dégage. Et ce qui faisait partie de moi, ce que j'étais, il semble que son objectif était de le supprimer. Mais aller jusqu'à modifier la mimique d'une personne, ça me paraît aujourd'hui complètement hallucinant, aberrant. Comment est-ce que j'ai pu me laisser faire ? Ca me paraît fou.

 

A plusieurs reprises, je disais à l'autre que ce qu'il lui fallait, ce n'était pas moi mais quelqu'un d'autre. Il me disait "C'est pas comme ça que ça marche, c'est pas si simple". Je crois que c'est très simple, au contraire : pour cet homme, il ne faut personne, jamais. Il est dangereux. Et peut-être qu'un jour j'aurai le courage de faire ce qu'il faut pour essayer de l'arrêter.

En attendant, je pense encore à lui tous les jours, et cela me rend malade. J'ai beau être en couple, avoir des projets de vie, avoir trouvé un travail, tout ça reste handicapant au quotidien. Pour ce qui est du travail, j'avais peur durant ma recherche d'emploi de n'être en réalité pas capable de le supporter. A cela se sont ajoutées des difficultés dans mon travail précédent, notamment des consignes contradictoires et de la dévalorisation. Je craignais réellement que rien ne soit possible. Malgré tout, j'ai trouvé un emploi que j'aime beaucoup et dans une équipe vraiment agréable. Bien que précaire, ce contrat me redonne foi en le travail. Et pourtant me voilà lente, l'envie de pleurer au bord des yeux en permanence, la boule dans la gorge, les questionnements, la lourdeur de tout qui me revient en pleine figure.

 

En plus de tout cela, ma santé est fragile et un diagnostic médical a été posé récemment. J'ai une maladie dont on ne connait pas vraiment la cause et pour laquelle il n'existe aucun traitement, où le diagnostic n'est posé que par défaut après avoir éliminé toutes les autres causes de douleurs possibles : je suis fibromyalgique. Et l'une des causes possibles de l'apparition de la fibromyalgie est, j'vous le donne en mille, LE STRESS. En bref, j'ai une maladie possiblement due au stress, qui me fatigue, me déprime, et qui du coup me crée des douleurs qui me dépriment et me fatiguent et m'amènent du stress. Le serpent se mord la queue.

Le stress. Le fameux stress. Du stress, pendant 8 ans, j'en ai eu un paquet. Et au fond de moi, je n'arrive pas à me dire que ça n'est pas de sa faute. Je lui en veux pour ça aussi. Il n'y est peut-être pour rien, l'autre, dans cette maladie, mais malgré tout je lui en veux. Je lui en veux pour ça, pour tout.

 

Et surtout, j'en ai marre d'y penser.

 

 

 

 

 

 

Point fidélité :

Ce matin, j'ai croisé une jeune femme. Elle m'a regardée avec un air coquin, un air qui draguouille. Un air que j'ai beaucoup apprécié. Jolie, l'air malicieux. Un regard qui a ravivé mes questionnements à propos de mon orientation sexuelle réelle. Car dernièrement, je me pose beaucoup de questions. Le polyamour, et moi ? Le libertinage, et moi ? La bisexualité, et moi ? Des questions que je n'ai pas vraiment pu me poser dans mon adolescence, par conformisme social d'abord, par homophobie ordinaire de cour de récré aussi (oui, j'étais jeune et conne), et ensuite parce qu'à 16 ans j'ai été maquée et je me suis enfermée moi-même. Mon idéal familial était le modèle que me renvoyaient mes parents : ensemble, fidèles (et quand j'ai découvert que ça n'était pas vraiment le cas, j'ai été fort déçue), soudés.

 

Jusqu'à ce que je découvre, finalement il y a peu, que d'autres modèles existent. Et j'y réfléchis.

 

A cause de mes barrières psychologiques et malgré ma tendance à papillonner et à multiplier les relations avec des garçons depuis mes 12 ans (parfois même plusieurs relations coexistant en même temps), lorsque j'ai rencontré l'autre, j'ai voulu essayer de me "caser". Pour je ne sais quelle raison, il m'a semblé important d'être la plus transparente possible. Sans doute parce que, dès le départ, il était en balance avec un de nos amis commun et qu'il fallait que je montre que non, je n'irais pas avec cet ami mais que je resterais avec lui. Je me souviens, lorsque j'avais 15 ans, avoir fait un blog qui présentait mes amis et dans lequel j'avais qualifié cet ami commun de "mon petit rayon de soleil". J'en ai souvent entendu parler car l'autre en était très jaloux malgré ce qu'il voulait me faire croire. D'ailleurs, il a très souvent mal pris ma proximité physique avec cet ami, et a tout fait pour que je me sente mal de le fréquenter, m'opposant que je n'aurais pas apprécié que lui "fasse ça" avec une autre fille. Oui, c'est vrai, je ne pouvais pas le nier. Alors je me suis rangée.

 

Aujourd'hui, je vis le mot "fidélité" presque comme un gros mot. Je reconnais d'énormes avantages au modèle polyamoureux, notamment la diminution de la culpabilité qui existe lorsque l'on côtoie d'un peu (trop) près une personne pouvant potentiellement nous intéresser. Malgré tout, pour l'instant, je laisse tout ça à l'état de réflexion et je garde ma culpabilité dans la mesure où je n'arrive pas à imaginer fonder une famille dans une telle configuration, et surtout, je ne pourrais pas me détendre quant à d'éventuelles autres relations de mon compagnon. Je trouve ça affreusement égoïste de bien vouloir papillonner encore mais ne pas pouvoir supporter l'idée que l'autre en fasse autant. Bien que mon compagnon me dise que tout n'a pas forcément à aller dans les deux sens, je ne me sens pas à l'aise vis-à-vis de ça, et je continue de cheminer dans ma tête. Peut-être qu'un jour je trouverai les réponses à mes questionnements. En attendant, je ne rejette pas la possibilité qu'il puisse m'arriver d'être attirée par d'autres personnes (et particulièrement certaines jeunes femmes, en fait) ni qu'un jour cela prenne de la place, mais je ne me vois pas commencer ce type de relations, et donc je compte bien éviter de laisser s'installer une proximité ambiguë avec les gens tant que les choses ne sont pas claires dans mon esprit.

Tag(s) : #Réflexions quotidiennes