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Edit : Changement de titre car le premier ne me convenait plus.

 

Edit 2 : L'auteur de l'article cité a supprimé son blog. Vous n'aurez donc plus accès à la page. Néanmoins, toutes les captures d'écrans subsistent et vous pourrez donc avoir un total aperçu de cet article nauséabond. L'auteur n'a absolument pas compris la portée que peuvent avoir ses mots et prépare visiblement un article "pour faire de l'humour encore plus beauf". Wait and see : https://twitter.com/egoconstipe/status/347012616029360128/photo/1

 

Le titre de mon article paraît un peu déplacé, mais je ne vais pas vous parler de mes goûts en matière de sexe. En réalité, mes goûts, je ne les connais pas vraiment en ce qui concerne la sodomie, n'ayant pas réellement eu d'autonomie sur ce plan-là. C'est ça que je vais aborder aujourd'hui : comment mon ex m'a mis la pression pendant des années pour arriver à ses fins. Et pour ce faire, je vais utiliser un article tombé dans ma TL hier et qui m'a démoli pour le reste de la journée : http://boguibog.ragemag.fr/comment-convaincre-ta-meuf-de-gouter-a-la-sodomie/

Cet article, sous couvert d'humour, invite les hommes à utiliser des arguments aussi affreux que bidons pour arriver à leurs fins, allant jusqu'à appeler à la violence.

 

Pour faciliter la lecture et surtout l'écriture, je vais appeler mon ex "X.".

 

Mon histoire commence dès le début de ma relation avec mon ex. Je venais d'avoir 16 ans, j'étais jeune et impressionnable, malléable, et, quoiqu'ils en disent et bien que mon sport favori était de râler, j'étais aussi bien soumise à mes parents et à la pression sociale. Un jour, X. m'a demandé si j'avais déjà testé la sodomie. Je lui ai répondu non, et je lui ai retourné la question. Son visage s'est assombri, et il m'a répondu que lui non plus. Ce changement d'expression m'a travaillé pendant un bon moment. Je me suis dit que, sans doute, il avait déjà eu une expérience comme celle-là, et qu'il ne voulait pas me le dire. Je lui ai donc demandé quelques temps plus tard, et il m'a avoué qu'en effet il l'avait déjà fait mais qu'il n'avait pas voulu me le dire pour ne pas que je me sente obligée de le faire aussi.

J'avais 16 ans. Et les choses n'en sont pas resté là.

Par la suite, il a commencé à exiger de moi que je m'abandonne totalement à lui, que je lui fasse entièrement confiance, et que je me donne à lui entièrement. Et il a, pour se faire, utilisé des arguments... frappants.

 

Et c'est là que je vais utiliser ce merveilleux article dont je vous parlais tout à l'heure.

 

On est bien d'accord que je ne vais pouvoir utiliser que mon exemple pour montrer à quel point ces arguments sont abjects. Mais ne pas pouvoir prouver que la terre entière n'est pas concernée par le harcèlement sexuel et le viol, n'invalide pas pour autant mon existence ni celle de nombreuses femmes qui se battent pour que la culture du viol disparaisse. Et cet article sera, évidemment, hétéro-centré, dans la mesure où... ben... j'suis hétéro, et cet article (NB : celui que je vais critiquer) s'adresse à un public hétéro.

 

Mon ex aurait pu l'écrire.

Mon ex aurait pu l'écrire.

Voici l'introduction de cet article :

Très classe.

Très classe.

Nul mention n'est faite du possible consentement de Madame. « Hey, mec, TU as envie de faire ça ? Attends, je vais te dire comment le faire ». "Amener le truc" n'est pas "amener Madame à consentir", mais plutôt à accepter que Monsieur a ce désir irrépressible et donc Madame doit s'y soumettre, c'est pour son bien, et puis d'abord elle a pas le choix. Amour, joie et respect, à la lumière de ce qui suit, on repassera.

Le harceleur, ce héros.

Le harceleur, ce héros.

"Quand le fleuve coule rouge, le sage emprunte le chemin boueux". Telle était la maxime de X. Les règles, il trouvait ça sale. Quand il me faisait l'honneur de me passer dessus malgré mes règles, il fallait que je l'en remercie. Ben oui, quoi, j'étais sale, alors que lui, il était passé par-dessus son dégoût pour se vider les couilles. Ah quel homme, mais quel homme ! Alors, vous imaginez, vouloir passer par la porte de derrière, c'est un honneur que fait Monsieur à Madame. Déjà qu'elle est crado à cause de ses règles, vouloir passer derrière alors que c'est un trou plein de merde, c'est quand même être altruiste. C'est ça, l'amûr.

 

Sauf que non.

 

Vouloir un cookie parce que vous nous trouvez dégueulasses mais que, quand même, vous avez bien envie de nous passer dessus, c'est un peu du délire. En termes de sécrétions, vous vous êtes déjà sérieusement demandés si le sperme ça nous dégoutait pas ? Oui, y'en a qui aiment ça, mais d'autres n'aiment pas. Est-ce que vous avez déjà réellement posé la question à votre amante avant de lui faire avaler ou lui en avoir fichu partout sur le visage ? Pas si sûre. Nous, les lafâme, on vit avec nos règles. On n'est pas sales pour autant. Oui, c'est un inconvénient, ça tâche, mais dans le respect de chacun on peut décider si, oui ou non, on a envie de faire l'amour et comment pendant cette période. Il n'y a pas à réclamer d'applaudissements.

Cette manière de faire, ça induit une culpabilisation des femmes. Quand X. me disait qu'il n'aimait pas faire ça pendant mes règles mais qu'il était, en gros, bien gentil de le faire quand même (ben oui, il n'y a qu'à moi que ça faisait plaisir, hein), je me sentais mal. Et doublement sale. Lui, si gentil, qui se forçait à me toucher, moi, si mauvaise et en plus si dégoutante. D'autant plus mauvaise que je ne lui facilitais pas la tâche parce que j'avais peur de la sodomie. J'avais mal quand on le faisait, j'en avais peur, mais je résistais malgré son insistance. J'étais sale, lui était bien gentil d'me faire l'honneur d'me proposer autre chose pour qu'on (il ?) puisse quand même faire des choses, et en plus j'étais une chiante de pas vouloir y mettre du mien et donner mon trou de balle en disant merci.

Voilà à quoi ça mène, ce genre d'arguments.

 

Un argument très dangereux.

Un argument très dangereux.

Cet argument est affreusement dangereux, et complètement faux.

Selon le public qui lira cet article (et permettez-moi de penser que ce sera un public plutôt jeune, pas encore exactement au fait des techniques contraceptives et de lutte contre les IST - les pervers narcissiques et autres salopards ayant déjà la technique) ça peut donner lieu à des catastrophes.

L'anal, pour les IST, c'est la voie royale. Me demandez pas un cours de bio, c'est déjà bien que j'aie retenu ça. Le préservatif ne s'utilise pas uniquement pour la contraception ; passer par derrière ne dispense pas d'en mettre, au contraire. Et quand bien même, il y a toujours un risque de tomber enceinte, même en passant par derrière : les deux trous ne sont pas si distanciés l'un de l'autre et le sperme pourrait aller faire un petit coucou de l'autre côté.

 

Par ailleurs, ce genre d'argument qui vient nous expliquer à quel point les moyens de contraception c'est tue-l'amour, ça me rend malade. Les plannings familiaux doivent être verts. Tant d'efforts pour en arriver à ce que des couillons viennent balancer que la planification familial "[ruine] le potentiel excitant d'une relation sexuelle"...

 

Pardon pour ce cours d'éducation sexuelle qui prêchera sûrement des convaincus, mais ça m'horripile.

 

Pour le coup, X. n'a pas essayé de me le vendre, celui-là.

 

A propos de : un petit manuel du viol conjugal

Ma supposition précédente se précise : c'est bien un public jeune et  inexpérimenté qui est ciblé.

Ce paragraphe montre encore une méconnaissance crasse de la sexualité. Si l'auteur a des problèmes avec le clitoris (et bien qu'il essaye de nous faire croire le contraire) il peut aller marmonner dans ses chiottes et arrêter d'emmerder les autres. Chaque femme a ses préférences sexuelles, et si ta partenaire, Monsieur l'auteur, aime qu'on lui titouille le clito, soit tu t'y fais, soit tu recommences à te branler. Mais arrête de vouloir imposer que les nanas sont des grosses chieuses d'aimer qu'on le leur touche. Et si tu l'as pas encore trouvé, le clito de ta copine, fais-toi du souci.

Ce paragraphe, à nouveau, est dans la culpabilisation des femmes. « Ces sales emmerdeuses, avec leur clitoris... Nous, les hommes, avec notre membre, on va leur montrer c'que c'est qu'un orgasme ». Non mais eh, oh, à un moment donné, on prend en compte l'envie des femmes ou pas ?

Si la femme repousse cet argument, arguant que non, elle n'a pas envie, c'est une chieuse parce que, quand même, c'est altruiste de vouloir lui donner encore plus de plaisir qu'elle n'en a d'habitude. Les femmes se doivent de le faire, c'est tellement bon pour elles. Je connais. Cet argument, X. me l'a servi. D'ailleurs, il me l'a tellement servi qu'il l'a même retourné pour me dire "Tu vois, c'est encore plus fort comme ça" sauf que non. J'en avais toujours peur, et si j'ai effectivement éprouvé des choses que je n'arrive pas à qualifier, ce n'est pas pour autant mieux, ni moins bien d'ailleurs pour d'autres femmes. Je ne suis pas adepte, mais vouloir absolument convaincre les femmes que c'est la chance de leur vie d'enfin connaître le plaisir en niant toutes les autres méthodes, ce qu'on appelle "préliminaire" (par méconnaissance aussi) d'une part, mais également coït vaginal d'autre part, c'est juste ridicule. Par ce biais-là, X. était complètement dans la culpabilisation. J'étais une mauvaise de ne pas me livrer totalement à lui alors que j'aimais ça (selon lui). Je ne m'abandonnais pas, donc je n'étais pas digne de lui et du cadeau qu'il m'offrait. D'ailleurs, j'avais carrément un problème psychologique avec ça puisque je ne voulais pas admettre que j'aimais ça, peut-être même encore plus que le coït vaginal. Bref, de la manipulation pour que je me sente mal, que je me dise que peut-être il avait raison, et encore m'amener à faire quelque chose que je n'avais pas envie de faire. Et si j'avais des blocages, peut-être bien qu'ils étaient là à cause de son insistance, ou bien parce que j'avais des blocages et puis merde j'ai le droit ! Mais ça, sur le moment, t'es seule avec ton gars qui essaye de te "convaincre"... Et avoir ce raisonnement, quand on est déjà en faiblesse, c'est difficile.

 

ET ALORS ?

ET ALORS ?

Mec, si la capacité de dilatation d'un anus t'impressionne, fais de la biologie et arrête d'emmerder ta copine avec tes cours d'anatomie de bistrot.

C'est joli sur papier, cette histoire, mais je suis de celles qui ont mal. Et cet argument aussi m'a fait beaucoup de mal. En l'occurrence, X. voulait justement faire évoluer cette dilatation. Il voulait que j'aille "dans le bon sens" de notre relation, c'est à dire accepter qu'il me sodomise, et faire tout ce que je pouvais pour le faire sans me plaindre, merci bien. Du coup, lorsqu'il n'était pas là, j'avais carrément des "devoirs" à faire à la maison. Je devais m'auto-violer, en fait. Mon devoir, c'était de m'introduire un gode dans l'anus et de me masturber avec ça pour que la prochaine fois que Monsieur viendrait pour consommer, mon anus soit habitué et qu'il puisse y rentrer et en sortir sans que j'aie si mal (ou plutôt sans que je chouine, ça lui coupait son plaisir). Ah, la belle dilatation ! Je n'avais pas envie, donc, mais il fallait que je le fasse quand même. Ah, ça, quand X. consommait effectivement et que je constatais que, ouais, il rentrait plus rapidement et en est sorti une fois sans me faire mal, c'était peut-être pas pour des prunes que j'avais fait ça. Mais quand même, ça me restait en travers de la gorge. Ou du ionf. Quand je lui disais que je n'avais pas envie de le faire, il me disait d'arrêter de me plaindre alors qu'il me demandait de prendre du plaisir. Ouais, mais un plaisir avec un corps étranger dans l'anus que je désirais pas du tout, et un plaisir dont je n'avais pas envie mais auquel il fallait s'atteler chaque soir pour que lui puisse ensuite prendre le plaisir qui lui convenait. Mais il fallait toujours que, d'une manière ou d'une autre, je sois sa complice. Et ça, ça me donne envie de vomir aujourd'hui.

Bref, voilà où cet argument peut mener.

 

Connard.

Connard.

La première fois, parlons-en.

J'ai des difficultés de mémoire. Il semble que ces défauts de mémoire peuvent venir des traumatismes. X. a fait en sorte de les entretenir en introduisant (non, pas de mauvais jeu de mot) des mauvais souvenirs dans ma mémoire. Je dois donc batailler entre ce qui est mon souvenir, et ce que lui m'a raconté.

Mon souvenir à moi, c'est qu'un jour, suite à la conversation dont je vous parlais au début de cet article, il m'a demandé si je voulais bien qu'on essaye. Sa version à lui, c'est que je lui ai demandé de me sodomiser de manière tellement enthousiaste qu'il en était étonné. Mais oui. La vérité doit se trouver à peu près entre les deux. J'ai dû lui dire oui, en étant inquiète puisque c'est la sensation qu'il m'en reste, mais accepter, puisque je n'ai pas la sensation d'avoir été forcée (on parle bien de la première fois). Il m'a même, je crois, demandé si j'étais sûre. Je l'étais pas vraiment mais j'ai dit oui, aussi loin que je me souvienne. Pour tenter le coup, quoi.

Je n'aurai jamais dû faire ça.

Cet argument de pureté-paillettes-toussa, je ne vais même pas en parler tellement c'est encore de la merde de culpabilisation à base de « décidément elle fait chier cette connasse jamais contente alors qu'on fait tout pour elle ». Par contre, je vais m'arrêter sur le bourre-pif et vous donner des extraits d'un de mes journaux intimes, parfois seul lien qu'il me reste avec mes sensations d'avant tant je me trouve anesthésiée aujourd'hui.

 

Contexte : très mauvaise période, disputes et ruptures incessantes parce que je ne fais pas assez bien mon régime, parce que je ne me laisse pas assez bien enculer sans me plaindre et dire merci, parce que je ne suis pas assez obéissante, pas assez discrète, pas assez ci, pas assez mi. Bref, je suis nulle. Début de cette soirée, chez moi, dispute. Il décide que la discussion est terminée parce qu'il le décide et puis c'est tout, mais j'essaye de le retenir. J'étais dans un état tellement lamentable de le voir à nouveau fuir, tellement désespérée que je hurlais, ce qui a alerté mes parents et auprès desquels il n'a pas hésité à me faire passer pour hystérique et salope. Il a fini par réussir à se barrer quand même, et alors que j'lui ramenais des affaires à lui dehors, il m'a embarquée « sans me laisser le temps d'enfiler quelque chose de correct, ni un manteau, ni prendre mon sac ».

 

« Encore 2 jours après, chez lui, il m'a entrepris en gros pour me dire que notre relation pouvait plus durer comme ça, et j'étais assez d'accord. Ou l'inverse, peu importe. Puis il a voulu coucher avec moi sur la table du salon. Ça a bien commencé, jusqu'au moment où il m'a dit "Maintenant, je vais te prendre par les fesses". J'ai pas voulu, surtout dans cette situation. Ça m'angoisse déjà assez quand ça va bien, alors là, impensable. Du coup, il a tout arrêté. Il m'a dit "Rhabille-toi", je lui ai dit "J'suis périmée comme Emma" (1) et il me répond "Pourtant, le gras, ça conserve !"... J'ai commencé à être un peu en colère, à bouder. Il l'a remarqué et est venu remuer le couteau dans la plaie en disant que effectivement, j'étais grasse, j'avais de la graisse, tout ça sur un ton ironique et méchant. Je me suis énervée de cette méchanceté gratuite, et je lui ai collé une baffe. Sur ce, il m'en a recollé une. Trouvant fort de café qu'il ose me frapper alors que c'était lui qui avait été odieux, je lui en ai retourné une autre. Du coup, il m'a chopée et jetée à terre pour me plaquer au sol, une main sur la bouche pour m'empêcher de parler, de crier, et les 2 genoux sur un de mes bras pour l'immobiliser, et une main sur l'autre bras pour me bloquer. Je me suis débattue, ai tenté de le mordre, de crier au secours, j'ai paniqué... Rien n'y faisait, et j'étais tellement enragée que j'essayais de le frapper avec mes genoux, et chaque fois que je l'atteignais, il me mettait une grosse baffe dans la gueule.  On s'est battus comme ça un long moment, mais il a fini par remarquer que la douleur à mon bras sur lequel il était devenait insoutenable, du coup il m'a laissé ramper loin de lui. J'étais terrorisée à l'idée qu'il m'approche. Dès qu'il venait, je me protégeais des bras, me mettais à trembler et avais du mal à respirer. Et j'avais horriblement mal au bras. Finalement, il a fini par réussir à m'approcher et à me toucher, pour vérifier que mon bras n'était pas cassé et mettre de la crème en me disant qu'il n'allait pas me frapper et de ne pas avoir peur. Plus tard, quand on a réussi à me calmer et à communiquer un peu, il a décidé qu'on se séparerait. Moi, j'avais à la fois envie et pas envie, traumatisée de ses coups. Dans la nuit suivante, par 2 fois il a voulu me passer dessus. Croyant qu'il changeait d'avis, je l'ai laissé faire, jusqu'à ce qu'il me refasse la même "proposition" qu'en début de soirée, et à chaque fois je refusais malgré que je sache que c'était la clé de la relation, qu'avec ça peut-être qu'il reviendrait. Et à chaque fois, il s'arrêtait en me disant "Tu vois, t'es pas capable de faire un effort". Du coup, je pensais à un piège, et ça me confortait dans l'idée que je me devais de refuser. » Journal intime le 09/03/2009. J'avais 20 ans. On était ensemble depuis 4 ans.

Malgré son travail de sape, j'avais un peu de caractère quand même. Ça me rassure, d'une certaine manière. Mais enfin, j'en ai pris plein la gueule, au sens propre du terme. Des bourre-pif pour de la sodomie, j'en ai eu, merci.

Ce que je n'ai pas écrit, c'est aussi ces moments où, pendant qu'on faisait l'amour, de la même manière il décidait que c'était le moment de me "prendre par les fesses" et où j'avais beau dire non, pleurer, il y allait quand même. Il finissait par s'arrêter parce que m'entendre pleurer ça cassait son plaisir et ça lui permettait aussi de prétendre qu'il ne m'avait pas violée, mais j'avais quand même dégusté. Et lui de me dire qu'il "pensait que ça se passerait bien". MAIS NON, MEC, CA PEUT PAS SE PASSER BIEN QUAND TA COPINE ELLE PLEURE ET ELLE DIT NON !

Cette histoire que je vous ai racontée, c'est la première et dernière fois où j'ai été si radicale. Je me suis défendue, j'ai laissé de côté la peur de le perdre, j'ai tenté de me préserver. Croyez-le ou non, j'suis fière de moi. On peut s'interroger sur le fait que c'est moi qui ait été physique en premier, mais croyez bien qu'il avait une force très supérieure à la mienne, et que les baffounettes que je lui mettais ça n'était rien comparé à ce qu'il me démontait la tête.

 

Bref, l'auteur peut nous parler d'amour, de joie et de respect.

 

(1) A cette époque, un de ses jeux préférés, c'était de me dire "Amé t'es froide comme le carrelage de mes WC" "Amé t'es vraiment périmée rhabilles-toi". Vous trouverez les paroles et la musique ici : http://www.lacoccinelle.net/275013.html

 

Vous noterez le regard plein d'amour, joie et respect de Madame.

Vous noterez le regard plein d'amour, joie et respect de Madame.

Seul moment dans l'article où on peut se demander si l'auteur n'est pas en train de dénoncer. Mais en ayant appelé à coller un bourre-pif aux femmes juste avant, la dénonciation semble fort légère. Et je crois que je vais me dispenser de commenter ceci.

 

Bref, quand l'humour est aussi peu différenciable de l'original, c'est soit qu'on a soit raté son coup, soit que ce n'était pas vraiment de l'humour. Dans tous les cas, cet article est nocif, et se cacher derrière l'argument "humour" ne fonctionne vraiment pas.

 

Quand est-ce que les auteurs d'articles dans ce genre vont enfin se rendre compte qu'ils participent de la culture du viol ?

 

J'ai été sidérée au sens psychiatrique du terme pendant plus de deux heures suite à la lecture de cet article. Ça veut dire que pendant deux heures, je n'étais plus là. Je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais plus parler. J'étais comme anesthésiée, et on aurait pu me tuer à ce moment-là que ça m'aurait été égal. Parce que j'me suis à nouveau sentie sous pression, agressée, violentée. J'ai revécu tout ce que je vous ai raconté-là. A la seule lecture de cet article. Il me coûte d'écrire à ce sujet aujourd'hui, parce qu'il a fallu du temps à mon compagnon pour me faire "revenir" hier, et que j'ai peur d'à nouveau me bloquer, mais j'avais besoin de m'exprimer à ce sujet, de répondre à cette merde infâme, et de montrer jusqu'où ce genre d'idées peut mener. Enfin, écrire à ce propos me permet de démêler les systèmes de soumissions qui ont pesé sur moi pendant toutes ces années, tenter de vous les faire comprendre, et vous alerter.

 

Vous trouverez une autre réaction à l'article et aux propos tenus par son auteur ici : http://soupe-a-l-herbe.blogspot.com/2013/06/hier-ragemagreac-sur-twitter-attirait.html

 

 

 

PS : Vous noterez que le langage employé dans mon journal intime utilise des tournures qui m'impliquent, comme si j'étais moi-même bourreau : « On s'est battus comme ça un long moment », « quand on a réussi à me calmer ». C'est une question très difficile à résoudre tant il était admis pour moi que j'étais une grosse nulle qui ne faisait rien de bien, et tant il possédait l'art de me convaincre que j'étais l'agresseur. Cette question de complicité avec le pervers narcissique, je n'ai pas encore réussi à la résoudre. Peut-être que je n'y arriverai jamais.

 

PS 2 : Peut-être que des gens noteront, dans la citation toujours, que mon expression est celle d'une adolescente alors que j'avais déjà 20 ans. Je vous rappelle que la relation avec X. a commencé lorsque j'avais 16 ans et qu'il m'a tout de suite bridée. Je n'avais aucun libre arbitre, je n'avais aucun moyen de m'autonomiser, et ma pensée non plus n'était pas libre de se développer. Ce qui explique comment, à 20 ans, mon expression ressemblait à celle d'une jeune fille de 16 ans pas très fut' fut'.

 

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